Los Roques (Vénézuela)

C’est un grand archipel corallien, d’environ 40 km sur 20, avec un statut de parc national en pointillé. Certaines îles sont interdites, d’autres accueillent des structures touristiques très sommaires, mais les choses sont en train d’évoluer, semble-t-il, et il est fort probable que la protection contre les aménagements touristiques ne se transforme en alibi touristique. Il n’y a qu’un village sur l’archipel sur l’île de Gran Roque , un village de pêcheurs dont la moitié des maison a été transformé en « posadas » (hébergement touristique genre maison d’hôtes) de petite dimensions et charmantes, les rues du petit village sont en sable et il n’y a pas de véhicule, hormis pour les poubelles et la distribution de l’eau de l’usine de désalinisation. Quelques toutes petites épiceries et commerces pour touristes . Les commerçants et les posadas sont alimentés en nourriture et autre par un bateau tous les 15 jours, chacun ayant son petit réseau sur la côte.

De fréquentes liaisons aériennes avec Caracas amènent les touristes Vénézuéliens friqués qui viennent buller au soleil sur les plages de sable blanc des petites îles alentours. Le personnel des posadas les posent sur la plage avec sièges, matelas et parasols, boissons, casse-croûtes dans des mégas glacières, et reviennent les chercher en fin de journée quand ils sont cuits à point !

Mais tout ça réparti sur des kilomètres de plage reste assez léger, et dès que l’on s’éloigne de Gran Roque, les mouillages paradisiaques sont pour nous seuls !

Notre arrivée sur l’île a bien sûr donné lieu à passage par différentes administrations, la première est venue à bord refaire le même contrôle qu’à la Blanquilla, bien qu’on leur ait montré le compte rendu… qu’ils ont recopié !

le chef teste la radio VHF, photographié par son collègue

Pour finir le chef nous a montré une traduction google sur son smartphone, disant qu’il fallait lui donner un cadeau, comme une bouteille d’alcool… grblmblpffff ! Exécution, on préfère ne pas avoir trop d’ennuis…

La 2ème nous a « vendu » un test PCR, le notre étant un peu vieux. En fait un coup de tampon et une signature sur la feuille du dernier test a suffit pour le proroger ! 80 USdollars par personne quand même ! Enfin on a eu le résultat tout de suite (!) et… l’argent va à des locaux et non aux labos des multinationales (on trouve les arguments qu’on peut pour se consoler de se faire arnaquer!!!)

On passe encore 2 administrations dont celle du parc national, qui nous coûte le plus cher pour un permis de séjour de 15 jours. Au total 600 US dollars, mais pour le paradis, c’est donné !

Nous rencontrons Patrick et Luz, qui vivent ici sur leur catamaran, et qui nous ont été recommandés par des copains. Nous avions correspondu un peu avant de partir pour le Vénézuela, et leur avons même apporté une pièce pour le bateau, ici il n’y a rien, il faut tout faire venir des USA. Luz, qui est vénézuélienne, nous a efficacement aidé pour les démarches et Patrick nous fait un bon topo des mouillages à pratiquer dans ces dédales d’îles, avec des hauts fonds partout.

Enfin nous partons de Gran Roque, qui est très joli et sympathique

mais nous sommes impatients de découvrir les petites îles « désertes » et paradisiaques !

au mouillage derrière le reef

notre 1er mouillage face à l’océan, qui se brise sur la barrière de corail (la ligne blanche) et derrière des hauts fonds (le bleu turquoise). Les fonds (et les plages) sont souvent constitués de sable très clair, et la lumière du soleil révèle différentes nuances de bleu selon la profondeur de l’eau et la hauteur du soleil. Intensité maximale quand le soleil est proche du zénith !

Rien que de flotter sur ces couleurs est déjà enchanteur !

Une fois à l’ancre, nous prenons l’annexe pour nous promener près des pélicans, toujours prêts à se donner en spectacle

en plongée active !
ou au repos…

ou pour aller visiter à terre. Les palétuviers de quelques mètres de hauteur couvrent une partie des îles, impénétrables

et quand ce ne sont pas des palétuviers, ce sont des pelouses avec souvent des graminées pleines de graines très pénibles

quand on ne fait pas trop attention, ce n’est que de l’herbe…
mais chaque épis est dangereux !

il faudrait des chaussures spéciales genre chaussures de ski (pratiques sous les tropiques!)

restent les plages et leurs alentours immédiats : sable, un peu de roches issues des fonds de corail

cabanes de pêcheurs à Carenero

Sur certaines îles il y a quelques maisons de pêcheurs, qui sont parfois équipés pour servir des repas. Sur Carenero nous avons trouvé La Casa de Pain, chez Ephraïm, qui nous a servi un bon poisson (pargo) et une langouste, accompagnés de riz.

Très sympas, et en plus sa famille nous a montré comment préparer les lambis, ces énormes coquillages dont tout le monde se délecte sous ces latitudes

la bête à nu

les coques de lambis sont entassés en grand nombre sur les plages ou servent de décoration, de délimitation de sentiers, de sapin de noël etc.

le sapin de Noël à Gran Roque

le 4ème jour : panne de moteur ! Un moteur neuf, faut-il le rappeler ! On revient à Gran Roque, demander de l’aide à Patrick, qui est mécano de formation. Grâce à lui, on trouve la panne : un relais grillé, qui coupait tout le circuit électrique. On ne l’a pas remplacé, on l’a shunté, son utilité n’étant pas démontrée ! Autre panne : celle du pilote automatique, une des pièces maîtresses du bateau, celle qui nous permet de naviguer sur les longues distances sans tenir la barre. Là, pas de réparation possible ici, il faudra le faire dans les ABC (Aruba, Bonaire et Curaçao, les îles hollandaises à l’ouest d’ici).

Le lendemain c’est jour de ravitaillement, grand événement pour tous !

on fait le plein de frais, et on repart, après avoir passé un peu de temps sur internet dans les posadas qui nous laissaient gentiment nous brancher en wifi, pour prendre la météo, et essayer de préparer notre entrée dans les ABC… sans y parvenir. On improvisera, cette fois-ci…

Mais il nous reste encore une semaine à passer dans les lagons et à profiter les eaux bleues. Bien que le temps du week-end on voit arriver du monde sur les plages, la plupart du temps nous sommes seuls sur des immensités désertes. Sur Dos Mosquises a été installé un centre de sauvegarde de tortues, financé par une fondation. Nous y débarquons et les deux gardiens, très sympas, nous font visiter leur domaine

3 espèces sont présentes, qui viennent se reproduire sur les plages. Malheureusement nos trop maigres connaissances en espagnol ne nous permettent pas de tout comprendre. Le centre accueille aussi des équipes qui étudient la régression des coraux. Effectivement, nous n’avons pas vu de beaux fonds tapissés de coraux multicolores et peuplés de myriades de poissons comme à Grenade, mais nous n’avons que peu exploré sous l’eau. Par contre on voit beaucoup de restes de coraux morts sur les plages, mais sans connaissance de ces milieux, on ne peut en tirer de conclusion. Et aussi, il nous manque de quoi faire des photos sous l’eau, il y a quand même de belles choses

ces espèces de bigorneaux sont plutôt à l’air libre

Coté oiseaux, mis à part les pélicans toujours présents

fou brun, pélican brun et sterne royale

on peut observer plusieurs espèces de fous, les pieds rouges, le masqué et le brun. Il y a toujours quelques frégates pour essayer de piquer leur provende aux autres oiseaux, offrant des poursuites spectaculaires. Quelques sternes dont la royale, une grosse colonie de mouettes atricilles à Gran Roque, quelques espèces de hérons, dont le petit héron vert qui doit être commun dans la mangrove,

quelques espèces de limicoles comme le tourne-pierre à collier, présent partout et même venant mendier des miettes au resto !

huîtrier pie et tourne-pierre

Le balbuzard est présent partout et on a vu quelques faucons, à priori des pèlerins.

Sur les plages, nos pas font fuir des dizaines de lézards très sombres

et on trouve parfois de gros Bernard-l’hermite terrestres

Nos derniers jours à Los Roques ont été passés en présence de petites colonies de fous bruns, en pleine période de reproduction

un fou brun sans doute en train de couver ou sur un très jeune oisillon, sur un tapis de cette plante ressemblant à des salicornes
2 adultes et un poussin déjà grand, encore en duvet mais ses plumes alaires noires commencent à sortir

Le dernier jour, une barque s’approche de nous : un pêcheur nous propose une grosse langouste. Trop grosse pour notre casserole, du coup il nous en donne une plus petite. Cadeau ! Et il s’en va.

Arrivés au terme de notre permis pour le parc national, nous le quittons avec un mélange de regrets et d’envie de bouger.

une dernière, prise du haut du mât

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