Las Aves (Vénézuela)

Deux groupes d’îlots coralliens en pleine mer, appartenant toujours au Vénézuéla, les Aves au vent et les Aves sous le vent. Après une petite journée de navigation en testant le régulateur d’allure, qui va remplacer le pilote HS, nous jetons l’ancre dans un mouillage que nous a indiqué Patrick. En plein contre la mangrove, qui abrite une importante colonie de fous à pieds rouges. Ces oiseaux, moins gros que nos fous de Bassan, pêchent en mer et se reproduisent en colonie dense sur les arbres. Des milliers d’oiseaux sous nos yeux, et comme on est en pleine période de reproduction, nous voyons facilement les grosses boules de duvet blanc des poussins

des bavardages incessants, surtout le soir quand une grosse partie des fous reviennent de la pêche en mer. Une odeur… prenante, mais tout ça ne nous fait pas fuir, on va au contraire rentrer en annexe dans un lagon cerné de mangrove pour les observer, dans la limite du dérangement, mais les oiseaux sont très calmes et nous laissent approcher

3 adultes dont 2 en plumage blanc, et un poussin. Cette espèce a en effet 2 type de plumages, le blanc étant minoritaire ici
un adulte plumage brun. Et pieds rouges bien sûr !

une estimation prudente, basée sur le linéaire de lisière de mangrove et sur la densité d’oiseaux constatée de près, nous fait estimer la population sur cette île à 14 000 individus. S’il y a des fous sur tous les arbres de la mangrove et non seulement sur le pourtour, ce chiffre sera largement dépassé !

le bihoreau violacé, un autre habitant de la mangrove

Nous discutons avec des pêcheurs sur leur lancha. Ils sont 8 là-dessus, pendant 1 mois, dans des conditions bien précaires ! Ils pêchent du poisson, de la langouste, des lambis.

les pêcheurs à l’atelier lambi, récupération de la bête, la coque reste sur place.

Nous leur apportons des biscuits (galletas) et du coca, on repart avec un plat de lambis.

t’as de beaux yeux, tu sais ?

Nous ne savons pas trop comment ils conservent leur pêche, mais on a trouvé plein de sacs de sel abandonnés sur la plage. A bord ils doivent n’avoir que très peu d’eau douce (et il n’y en a pas sur ces îles) et de vivres, ils doivent manger riz/poisson tous les soirs.

Nous passons une troisième nuit sur l’île de l’ouest des îles au vent (barlovento), encore un incroyable camaïeu de bleus, on n’en peut plus

l’île de l’ouest prise du haut du mat

et des fous bruns qui nichent sur tout le tour, difficile de les éviter !

Les Barlovento sont désertes, mais fréquentées de façon temporaire par les pêcheurs venus de la côte. Sur certains îlots on trouve des installations très sommaires qui semblent destinées à la préparation ou la transformation de leur pêche (découpe, séchage, salaison?)

Après 3 nuits nous déménageons sur les Aves sotavento, sous le vent, à 14 milles plus à l’ouest. Nous jetons l’ancre sous le vent d’un des îlots le plus au nord, protégés par des reefs, des hauts fonds de corail. Cette îlot est presque entièrement occupé par une grosse colonie de sternes fuligineuses, un très élégant oiseau répandu sur toutes les mers tropicales. De loin, on voit des milliers d’oiseaux en vol au dessus et aux alentours de l’île. Annexe à l’eau, nous allons voir cela de près. A peine le temps de faire quelques pas que nous voyons se pointer la barque des garde-côtes, qui occupent un poste permanent sur l’île la plus au sud. On revient à bord, un peu inquiets, on a entendu différents bruits sur leur comportement avec les bateaux de passage. On a même fait des provisions de gâteaux, bouteille de vin… Mais en fait, le chef, monté à bord, en tenue décontractée (pas d’uniforme mais armé) s’est contenté de nous signifier qu’on n’avait pas le droit de prendre des photos des gardes ni des pêcheurs (?!), a vérifié notre appareil sur lequel nous n’avions que les premières photos de sternes, et nous enjoint de repartir le lendemain, ne pouvant faire ici qu’une courte escale. Vu notre faible niveau d’espagnol, on a pas cherché plus (on aurait aimé rester quelques jours sur différents mouillages), et les garde-côtes repartis sans même nous demander nos papiers (!) on retourne voir les oiseaux.

Les adultes sont blancs et noirs, les poussins noirs ponctués de blanc. Ils se tiennent plus ou moins cachés dans les buissons épars ou sur les espaces sableux intermédiaires. Les adultes sont à la pêche en mer ou à la colonie, s’envolant régulièrement en ronde bruyante autour de l’île.

Très belle ambiance jusqu’au coucher du soleil ! Enfin… d’aucuns relèveront l’odeur tenace de poulailler industriel et le brouhaha permanent, même la nuit ! Pas grave, on n’y reste pas.

Étape suivante, les îles des Antilles néerlandaises, à une journée de navigation de là. Mais on quitte avec regrets ces espaces quasi déserts et si agréables du nord du Vénézuela, idéales pour nos voiliers, au climat presque tempéré, 25 la nuit 30 le jour mais toujours les alizés qui tempèrent la chaleur, beau temps presque permanent avec un grain de temps en temps, qui passe très vite. Même si on a pas pu en profiter pleinement, pour cela il faut aller sous l’eau, pêcher des poissons (on est toujours aussi mauvais, malgré la prise d’un beau barracuda) ou des langoustes.

2 réflexions sur « Las Aves (Vénézuela) »

  1. Salut les voyageurs !
    Ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles, et toutes ces belles photos !
    Bon, manifestement quelques déboires techniques et d’échanges cordiaux avec les autorités (ben oui avec les services publics payants…) ne vous arrêtent pas et c’est tant mieux !

    Portez-vous bien, profitez-en (faites des provisions pour les prochaines démarches administratives) !
    Bises à vous !
    JN

  2. Eh ben les cocos, vous ne vous découragez pas… Vous surmontez les pannes et les retards. Bravo bravo et un grand bonjour aux oiseaux.
    Nous avons des moineaux qui viennent manger le repas des mésanges sur le balcon et qui éparpillent les graines partout….
    Gros bisous
    Sylvie

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