La Blanqilla (Vénézuela)

Une île isolée au nord du Vénézuela, poste avancé des garde-côtes et étape des pêcheurs, qui n’y habitent pas mais y restent le temps d’une campagne de pêche et dorment dans des abris sommaires ou sur leur bateau. Nous y arrivons vers 17 h au bout de 35 heures de navigation en nous tenant bien au nord, et nous n’avons pas le temps de jeter l’ancre que la barque des garde-côtes démarre et s’apprête à nous accoster ! 3 hommes montent à bord dont un armé de fusil et gilet pare-balles. Le jeune officier se présente et nous dit qu’il va faire une inspection du navire. Nous échangeons un peu en anglais et un peu en espagnol, bon, on y arrive à peu près. Inspection à la fois documentaire (papiers du bateau, passeports, documents de sortie du pays précédent), physique (fouille légère à l’intérieur, on a l’impression que c’est plus par curiosité qu’autre chose ), et passage en revue de tous les équipements de sécurité obligatoires ou non. Ils nous annoncent qu’il nous manque un équipement radio, 1ère nouvelle, et que notre licence radio expire la veille, nous avons celle de 2022 mais pas imprimée. Je dois aller au poste à terre pour la récupérer en connexion wifi, finalement je ne reviens qu’à 19h30, avec leur papier d’inspection signé tamponné. Ouf, un peu stressant, bien que sur le mode cordial et « plus ou moins » bienveillant, on ne sait pas trop sur quel pied danser, dans un pays où le graissage de patte est monnaie courante, ce que nous n’avons jamais encore expérimenté. Nous en sommes pour 1 tablette de chocolat, des biscuits et quatre bières, ce qui n’est pas grand chose. Le chef, un gamin d’une vingtaine d’année, revient quand même le lendemain pour une autre tablette ! Sur cette île il n’y a aucun magasin, et de toutes façons ces militaires ne sont que très peu payés. Les pêcheurs, eux, nous échangent un barracuda contre un paquet de gâteaux.

Le lendemain nous changeons de coin, et prenons un mouillage désert au bord d’une plage surmontée de 3 cocotiers, genre paradisiaque

ce qui l’est moins, c’est la lande à cactus qui la surplombe ! Impossible de se déplacer sur cette île sans armure. Car l’espèce la plus représentée a armé l’extrémité de ses longs piquants d’invisibles ardillons, qui empêchent le dit piquant de ressortir une fois planté dans la peau ! Avec en prime un poison qui rend la piqûre extrêmement douloureuse Aïe aïe aïe !

ou alors pour se déplacer, il faut trouver une piste d’âne, car l’île est peuplée d’ânes sauvages

et l’âne est réputé pour manger des cactus, non ? Ah non, c’est des chardons, mais il n’y en a pas ici. Ils sont difficiles à voir, mais on les entend braire de temps en temps. Puis on va visiter la playa el americano, ainsi nommée car un américain avait construit une petite villa au bord, maintenant en ruine

le mouillage de l’americano, toute petite crique dans laquelle rentre la houle, rendant le mouillage inconfortable.

On reste 3 nuits ici, avant de repartir vers Los Roques, le vent et le courant nous y poussent – on pourrait ne pas mettre les voiles, on y arriverait quand même !

les frégates font toilette

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